chapitre XI de la troisième partie des _Éléments de la philosophie de Candide, ou l'optimisme · Capítulo 3 de 35
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chapitre XI de la troisième partie des _Éléments de la philosophie de

chapitre XI de la troisième partie des _Éléments de la philosophie de

Newton_; et année 1768, le chapitre X des _Singularités de la nature_.

B.

Candide écoutait attentivement, et croyait innocemment; car il trouvait

mademoiselle Cunégonde extrêmement belle, quoiqu’il ne prît jamais la

hardiesse de le lui dire. Il concluait qu’après le bonheur d’être né

baron de Thunder-ten-tronckh, le second degré de bonheur était d’être

mademoiselle Cunégonde; le troisième, de la voir tous les jours; et le

quatrième, d’entendre maître Pangloss, le plus grand philosophe de la

province, et par conséquent de toute la terre.

Un jour Cunégonde, en se promenant auprès du château, dans le petit

bois qu’on appelait parc, vit entre des broussailles le docteur

Pangloss qui donnait une leçon de physique expérimentale à la femme de

chambre de sa mère, petite brune très jolie et très docile. Comme

mademoiselle Cunégonde avait beaucoup de disposition pour les sciences,

elle observa, sans souffler, les expériences réitérées dont elle fut

témoin; elle vit clairement la raison suffisante du docteur, les effets

et les causes, et s’en retourna tout agitée, toute pensive, toute

remplie du désir d’être savante, songeant qu’elle pourrait bien être la

raison suffisante du jeune Candide, qui pouvait aussi être la sienne.

Elle rencontra Candide en revenant au château, et rougit: Candide

rougit aussi. Elle lui dit bonjour d’une voix entrecoupée; et Candide

lui parla sans savoir ce qu’il disait. Le lendemain, après le dîner,

comme on sortait de table, Cunégonde et Candide se trouvèrent derrière

un paravent; Cunégonde laissa tomber son mouchoir, Candide le ramassa;

elle lui prit innocemment la main; le jeune homme baisa innocemment la

main de la jeune demoiselle avec une vivacité, une sensibilité, une

grâce toute particulière; leurs bouches se rencontrèrent, leurs yeux

s’enflammèrent, leurs genoux tremblèrent, leurs mains s’égarèrent. M.

le baron de Thunder-ten-tronckh passa auprès du paravent, et voyant

cette cause et cet effet, chassa Candide du château à grands coups de

pied dans le derrière. Cunégonde s’évanouit: elle fut souffletée par

madame la baronne dès qu’elle fut revenue à elle-même; et tout fut

consterné dans le plus beau et le plus agréable des châteaux possibles.

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