Épilogue Stella · Capítulo 16 de 16
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Épilogue

'310 STELLA bient6t attaquis, soumis par la force, et condamnds aux travaux homicides des mines. Leurs avides dominateurs les forcant h poursuivre dans les entrailles de la terre le filon d'oi, qui allait s'amincissant et descendant toujours, ils finirent par cieuser de vdritables abimes qui servirent de sdpulcres a une portion d'entre eux; une autre portion expira dans les tortures : la guerre moissonna le reste. Ils perirent tous, vaincus, mais non subjuguds. Quel fut ce people primitif? D'oib tait-il venu dans cette ile? A quelle tige de l'arbre human avait-il appartenfu ? Comment s'en dtait-il ddtach6? Nul ne le sait; son origine est completement ignore: on ne connait que sa fin lamentable. 11 n'a laissd ni histoire, ni chronique, ni tradition. 11 vivait dans P1'tat savage, et ne s'dloignait de la barbarie que par ses moeurs paisibles et douces. Ses connaissan ornaient A des chansons et.h des fables, pods l itive qui avait peut-6tre le charm et la magie du lieu qui l'inspira. De cela rien n'a surv6cu, except quelques mots passes dans 'idiome des habitants actuels de File. Les Indiens d'Haiti adoraient des animaux hideux, tels que la couleuvre, le crocodile, et joignlient a ce culte celui des images grossibres, qu'ils fabriquaient eux-mdmes. Pour les convertir 5 la vraie foi, les Espagnols

eurent recourse 5 toutes sortes d'atrocites. Ils transform.rent la loi de grace en une loi de destruction; ils rendirent la religion du Christ, arbre de vie qui nourrit et abrite le monde, aussi fatale aux aborigenes que le mancenillier, don't I'ombre est mortelle. AprBs avoir extermind les Indiens, les Espagnols s'assirent au board du cratbre beant des mines 6puisdes, laissant 'ile sans culture, Blevant tout au plus , quelque betail pour pourvoir a leurs premiers besoins. C'Utait vers le commencement du dix-septinme si6cle. Des aventuriers, ecume des populations europdennes apportee par le vent de l'Ocdan, vinrent s'dtablir dans 1'ile de la Tortue. Ils regurent d'abord le nom de boucaniers, a cause de la maniere don't ils pr6paraient leur nourriture, co en viandes qu'ils faisaient r6tir h la fla mm oucan. Leur unique occupation 6tait la chasse aux bceufs sauvages et aux sangliers, qu'ils allaient tuer sur la terre d'Haiti, oh ces animaux abondaient. Ils vivaient du produit de leur chasse, et faisaient un 'commerce de peaux assez lucratif, le tout sans inquieter les Espagnols. Mais ceux-ci, qui se cousiddraient comme les maitres exclusifs du Nouveau-Monde, descendirent

un jour a la Tortue, en surprircnt les habitants, et les disperskrent. Les boucaniers, r6unis de nouveau sous la conduite d'un chef entreprenant, d6clarerent une guerre h mort a leurs voisins. Trop peu nombreux pour tenter d'envahir Haiti, ils s'attaqubrent aux navires espagnols, et devinrent des flibustiers, nom contre lequel ils dchangbrent le premier, et qu'ils rendirent redoutable. Monte sur de freles barques, ces intr6pides navigateurs prirent des vaisseaux de guerre h l'abordage, firent de riches captures, sillonnerent les mers des Antilles, et devinrent bient6t la terreur de ces contrees. Cependant, ayant appris que la France avait envoy a l'une des miles voisines, Saint-Christophe, un gouverne appuy6 de quelques forces, les flibusliers, 'ent Francais pour la plupart, offrirent de re litre Pautorit6 de ce gouverneur, afin de se couvrir de sa protection. Leur offre fut agr6te. On leur donna un chef, et d'autres aventuturiers vinrent de Saint-Christophe grossir leur nombre, qui n'exc6dait pas quatre cents. L'arriv6e de ces nouveaux compagnons, Francai% comme eux, les porta L se sdparcr des Anglais qui s'6taient associes a leurs perils, et qui allercnt s'6tablir a la Jauaique.

Malgr6 leur accroissemcnt numerique et la terrible reputation qu'ils s'dtaient faite, les habitants de la Tortuc current encore I repousser une aggression des Espagnols. Vainqueurs, ils furent de nouveau attaquds ct chassis de la petite lie. Plusieurs ann6es s'ecoulbrent entire cette expulsion violent et leur retour a la Tortue, qu'ils parvinrent a reconquirir en 4660, et qui leur resta ddfinitivement. Le roi de France d'alors songea sdrieusement a proltger ses sujets en Am6rique. 11 crda la compagnie des Indes occidentales, qui se mit en rapport avec eux, se substitua aux droits du dernier conqudrant de la Tortue, moyennant une petite some d'argent, et confa le gouvernement de 'ile h un homme de naissance,. que des revers de fortune avaient jetd parmi les flibustiers don't la vie hasardeuse I'avait sdduit. Devcnu leur chef, cet home ^a de les convertir A quelques idees d'ordre, aLedtourner leur esprit du brigandage pour le porter aux choses utiles, d'adoucir leurs moeurs en leur procurant des femmes, qu'ils faisaient venir d'Europe et leur vendait I l'enchbre. I1 encourage l'agriculture. Beaucoup de flibusliers, persuades par lui, renoncerent a leur existence aventureuse, pour s'adonner aux travaux des champs.

'14 STELLA C'est sous lui que les Frangais commencrcentl s'6tablir A Haiti, ce qui ne se fit pas sans opposition de la part des Espagnols. II y eut entire eux et les flibustiers des guerres continuelles, auxquelles mit fin le traits de Ryswick, en 1697, par lequel la parties occidentale de File fut c6d6e a la France. Au commencement, Ics flibustiers, se trouvant sur un terrain plus vaste, sentirent le besoin de nouveaux bras pour la culture. II les demandbrent a la traite, que le gouvernement franQais favorisa en supprimant le droit de 5 p. 100 qu'avaient a payer ceux qui introduisaient des Africains dans les lies frangaises de 1'Am6rique. Voili de quelle maniere s'implant6rent a Haiti l'esclavage et les maitres. L'ile prit le nom de Saint-Domingue. Tant du c6te des Francais que de celui des Espagnols, la traite uit une importance considerable ; elle fournit enass-peu de temps des milliers d'esclaves a Saint-Domingue. On se livra' avec ardeur A cet affreux commerce de chair humaine. II tenta la cupidity des moins cupides, de mme. que I'esclavage, ce droit usurpd par l'6goisme sur la nature, dessicha le coeur des maitres, et endurcit les moins durs. Avec les premiers maitre3 naquirentles premieres injustices. A cette 6poque m6me de la colonisation,

une rdvolte d'Africains eut lieu dans 'ile, provoqune sans doute par les maux don't on accablait deji ces pauvres exilds. L'insurrection s'6teignit sans rdsultat: elle ne fut pas moins une protestation de la liberty a Porigine de l'esclavage. SLes flibustiers avaient sous leurs ordres des Europdens, des engagds de trente-six mois, ainsi qu'on les appelait communement, qui se vouaient d'eux-m6mes a une servitude temporaire. Leur contrat echu, ces engages recouvraient tous leurs droits ; ils devenaient A leur tour flibustiers, acqudraient des esclaves, et parvenaient souvent a l'chelon le plus dlev6 de la socidtd co'oniale. Pour.l'africain, c'dtait bien different. 11 ne vcnait Spas chercher fortune dans un autre hemisphere : on l'arrachait a sa patrie ; il ne s'engageait pas volontairement: onie mettait brutalement sous le joug. L'esclavage pour lui n'avait jam* de terme; il se perpituait dans sa descendance; I'anneau de fer rive au cou de l'aieul dtait atta.hd h d'autres anneaux, qui liaient a son infortune ses petits-enfants n6s et a naitre : c'etait une fatale chaine qui se prolongeait dans le n6ant. L'esclave se rachetait quand il pouvait offrir le prix auquel on dvaluait sa tate; ce qui, dans la condition miserable qui lui tait faite, n'arrivait certainement pas souvent. On le liberait quelquefois, lorsqu'il donnait des preuves de

ddvouement et de fiddlit4 extraordinaire a son maitre. Quclquefois aussi la femme esclave, que 'e Colon rendait mere, obtenait la liberty, apris avoir mis an monde des infants qu'il n'avouait point. Mais les Africains des deux sexes, n'importe comment ils arrivaient h 6tre libres, ne faisaient jamais parties de la classes des citoyens, ne pouvaient jamais pretendre i devenir les egaux de Icurs anciens maitres: ils tlaient toujours moralement esclaves. La vWritable chaine, celle qui avait pes6 sur leurs membres, sur leur volonld, sur leur vie et sur la vie de leurs families 6tait brisde; une autre chain, invisible, impalpable, la chaine des prejugds, se repliait autour d'eux et les etouffait. Les prejug6s sont comme les miasmes de 1'esclavage: ils vicient 'air des colonies. Pour y vivre, ii faut lever la tite, et respirer dans une atmosphere plus Blevee. * A Saint-Domingue, l'Africain, digag6 de la servitude, et ses descendants, en comptant les enfants d6sh6ritis du Colon, 6taient retenus h la lisibre de la socidtt par la force des prejugds, qui leur en interdisaient sdverement l'acces. On les d6signait sous le nom d'affranchis. Ils n'etaient plus sous la d6pendance : personnel n'avait le pouvoir de les vendre, de les sdparer violemment les uns des autres, de les fair mourir; mais ils 6taient sans

HAITI o1 / ccsse vexds, rudoyds, humilids. Uls devaient, sous pine d'etre persecutes, professor un souverain respect pour 1'Europ6en, et observer entire eux et lui une distance dcclarde infranchissable. .On les traitait de la sort, parce que la passion avcugle affirmait impudemment avoir lu dans leurs traits, sur leur peau, le mot inferioritd en caractbres visible, traces par la nature meme, et que 'infiAme cupidity s'emparait de ce mensonge pour 16gitinier I'esclavage. Dieu a-t-il ddparti h l'homme le courage, I'intelligence, la vertu, sous une seule nuance d'dpiderme? C'est la question qui venait d'ettre rdsolue entire les indigenes et leurs adversaiowes, par la victoire. Haiti signifiait liberty, Saink-Domingue esclavage. Les hiros de 1803 restilulrent au pays son premier nom, le nom que lui avaient donned les Indiens, don't ils devenaient les hWritiers pwr la volontd de la Providence, inddpendamment de toute communaute d'origine; ils le nommbrent Haiti, en mdmoire de ces memes Indiens qui y avaient joui de Pinddpendance et du bonheur, jusqu'au jour oh le vent leur amena des h6tes inconnus qu'ils furent, hdlas I &rop presses d'accueillir ! Les Haitiens, apres avoir proclaim l'independance de file, se delassbrent des fatigues de la guerre dans les fetes publiques; ils semblaient avoir depose leur 18.

t18 STELLA colere avec leurs armes. Le bonheur rend clement. Uls ne songeaient peut-6tre plus A se venger, lorsque le Colon, retrouvant son arrogance, eut le malheur de parler d'une prochaine invasion de la France, et de I'espoir de recouvrer sa position perdue. Ces pnopos, pour le moins indiscrets, se r6pandirent promp'- tement et produisirent le plus funeste effet. La situation encore mal affermie du pays suffirait seule pour expliquer le movement d'indignation et d'alarme occasionn6 par de semblables paroles, si l'on ne connaissait la haine ancienne et profonde qu'on avait voude au Colon. Cette haine, assoupie dans des coeurs livrds A la joie, se r6veilla, convulsive, au milieu d'une fermentation gendrale. Le people deo manda l'holocauste de son ennemi. D'un autre c6td, dans une ville du Sud, quelques Francais, parmi eux un officer qui avait obtenu du service dans l'armne haitienne, s'6taient brusquement retires A bord d'une corvette anglaise mouill6e dans le port. L'officier etait de service ; il avait quitt6 son poste: on crut voir en cela une trahison. L'autorit6 du lieu r6clama le fugitif; il ne lui fut point rendu. Cependant le navire, devant bient6t partir, envoya son cannot puiser de l'eau a une source hor& de la ville. II etait interdit aux bAtiments strangers de communiquer avec la terre, except dans les ports ouverts au commerce. Les hommes du cannot furent

HAITI 31V arrtes ; le people s'amenta contre eux, et il fallout, pour le satisfaire, sommer la corvette de d6barquer l'officier qu'elle gardail h bord, en la prevenant que, dans le cas d'un nouveau refus de sa part, les canotiers seraient mis a mort. Le commandant de la corvette ne pouvait donner la vie de ses matelots pour celle des personnel 6trangbres qui s'dtaient r6fugides sur son navire. II offrit de les livrer toutes : on n'accepta que l'officier, qui dtait, de sa propre volontd, devenu haitien. II fut pass par les armes, ct dbs a lors, on crut g6ndralement dans 'ile A une conspiration etrangere, a un attentat L la stiretd du pays. w.Ces deux circonstances ddciderent du sort de la population europeenne d'Haiti: elle perit sous les coups de mille bras arms par la fureur. Le sexe, I'Age, l'innocence, le crime, tout fut conlbndu dans la mWme vengeance. L'incendie detruit, sans conscience de ses ravages, les mdtaux les plus vils et les plus precieux; l'ouragan balaye le sol, important indistinctement le fumier infect et la rose odorante. Ainsi s'assouvit cette colIre populaire, imp6tueuse comme 1'ouragan, terrible comme 1'incendie. On Sgorgea des femmes et des jeunes files, on massacre des vieillards, on brisa le crane des enfants contre des pierres. Les villes, les campagnes furent inond6es de sang. II semblait que ce sang etit la vertu de

purifier le sol des souillures de l'esclavage, plant on mettait d'ardeur i le rdpandre. Des hommes pdrirent les premiers. On en tua jusqu'A ce qu'il n'y en eut plus a tuer; puis il se lit une halte. Les femmes respirbrent; elles 6taient reavtues de l'inviolabilit6 de leur faiblesse. D'ailleurs, leurs 6poux, leurs parents les plus proches, immolds sous leurs yeux, poignardes quelques-uns jnsque dans leurs bras, I'affliction, la terreur, les angoisses de ces femmes, n'dtait-ce pas lI tout uun suplice? Malheureusement on ne s'en content pas. Les.tueurs ne s'6taient arr6tes, que pour reprendre haleine, et dl6ibdrer avec leurs passions. La dernibre parties de leur oeuvre etait plus difficile ;4 avaient besoin d'un nouveau courage pour lever l'arme et la laisser retomber sur des tiles de meres en larmes et d'enfants souriants. Ils ne l'acquirent qu'en violentant la nature. Cctte hesitation de la haine fait honneur h l'humanit6. Le massacre recommenca. Des circonstances 6pouvantables accompagnorent ces dernicres scenes de carnage, Dans la capital de l'ancienne colonies, un grand nombre de femmes places entire deux haies de sqdats, 6taient conduites, au son du tambour, vers le lieu of elles devaient etre execut6es. Suivant la principale rue de la ville, le convoi funebre, escort de

ce bruit, excita la curiosity d'une femme, vieille et infirme, qui 6tait enfermie depuis longtemps dans sa maison. Elle s'informa de cc qui se passait an dehors. On lui rdpondit que c'ktaient des FranCaises quj marchaient au supplice; Francaise elle-meme, I courageuse vieille prit aussit6t ses bequilles, et alia partager le sort de ces infortundes, qui furent toutes immoldes i coups de baionnettes. 1Mais, en revanche, on vit de nobles cclurs, des femmes du pays, tant dans les villes que dans les campagnes, cacher soigneusement des Francais, les nourrir d'aliments qu'elles prdparaient de leurs mains afin de ne rien avoir a redouter de confidents rl~tiscrets, et favoriser 1'evasion de leurs protges en les couvrant de leurs propres habits. On vit encore des femmes haitienncs arracher a des mains forcenkes des enfants franCais, et attester par serment que c'6taient des rejetons d'Africains. Sainte imposture, qui sauva des innocents ! On vit enfin des fils de Francais, ces descendants d'esclaves qui n'6taient pas reconnus, et auxquels il avait meme WtB defendu en d'autres temps de porter les noms de leurs peres, dispute opiniatr6ment la vie de ces Europ6ens au peril de la leur. Le Gouverneur d'Haiti fit grAce a quelques-uns des\proscrits; il epargna tons les Polonais qui

avaient s rvi dans l'armne francaise, et meme' lern donna droit de cite. Cependant la population franchise avait disparu du sol, le Colon le premier. On s'etait saisi de lui; il avait ddja le tremblement de la mort. On l'avait trained sur la tombe de l'Africaine, forc6 de s'" agenouiller, de demander pardon de ses iniquites a Dieu et.aux hommes; et lh, on avoit verse tout son sang.

Ainsi s'accomplit la revolution de Saint-Domingue, inaugurde par un supplice, le supplice d'Oge, de Chavannes et d'autres martyrs, terminde par un massacre... Malgre tous les crimes qui ont ensanglant6 son course, cette revolution ful ausi grande que pas une. Le people qu'elle emancipA peut aujourd'hui s'en glorifier; il doit meme s'y reporter souvent par I'esprit, afin d'apprendre i ne pas diroger de son passe. Ce people m6la sa vie 6 celle de deux autres peuples. II fournit des defenseurs A la cause de 'independance americaine, en 1779, bien longtemps avant de naitre lui-meme a la vie des nations. En 1816, Bolivar vint en quelque sorte se retremper dans son sein pour la lutte qui allait 6manciper 1'A- . mdrique espagnole. A cette derniire 6poque, Haiti, menacee a l'intlrieur, avail besoin de l'assistance de tous ses fils.

HAITI 02i Petion rdpondait du salut de l'Etat. 11 permit cepen. dant a des Haitiens de s'unir au future liberaleur de la Colombie; il lui donna des munitions, des armes, des conseils; il mit ces secours an prix de l'affranchissement gdndral des esclaves. Les-'Colombiens ont peut-6tre oublid la part que prit Haiti a leur ddlivrance. II y a pourtant des hoses don't le coeur doit se souvenir toujours. La patrie de Washington nic le service des Rigaud, des Beauvais, des Villatte, des Chavannes, des Christophe-Mornet, des Belley, des Henri-Christophe et de tant d'autres guerriers, qui rivaliserent d'intrdpiditd avec ses plus zilds ddfenseurs ; elle le nie, en opprimant la race don't 6taient issues ces A"wpimes vaillants, en la retenant dans les chains, L'esclavage contract ainsi l'horreur d'un nouveau Crime. Que l'Amerique rougisse !... Le people d'Haiti est plein de jeunesse et de seve. Il est constitud pourla dure : nousle croyons ; plant de vitality ne lui a pas 6td donn6e en vain. I1 habite le plus beau pays qu'cclaire le soleil. Comme dans le jardin delicieux oh fut place le premier home, il lui suffit d'avancer la main pour cueillir le fruit que la terre lui offre d'elle-meme. Ainsi jeune, vigoureux, abondamment pourvu des choses nicessaires a l'existence, il peut plus aisdment que beaucoup d'autres acqudrir ces richesses intellectuelles

qui scules conplent dans I'aristocratie des nations. Pour jouir d'un bonheur digne d'envie, les Ilaitiens n'ont qu'h le vouloir; et pourquoi ne le voudraientils pas? Is savent qu'on n'est rdellement heureux que par 1'ame, fort que par intelligence, et que ccs facultes sublimes ne se d6veloppent qu'au .oaact de la civilisation. La civilisation n'est pas exclusive; elle attire au. lieu de rcpousser. C'est par elle que doit s'opdrer alliance du genre human. Grace a sa toute-puissante influence, il n'y aura bient6t sur la terre ni noirs, ni blanks, ni jaunes, ni Africains, ni Euro. pens, ni Asiatiques, ni Amdricains : il y aura des frrres. Elle pursuit de ses lumieres la barbarie qui 0 se cache. Partout oil celle-ci, de sa voix mourn)o* conseille la guerre, la civilisation preche la paix ; et quand retentit le mot haine, elle rdpond amour. Notre pays n'est pas stranger aux idWes progressives du sickle. Dieu lui crie : march et, dans sa penible ascension, nos voeux sinceres 1'accompagnent.

NOTES EXPLICATIVES.

[1] Dans l'est de Vallibre, est le Mont organism qui en ddOn a appel6 ce mont organism parce qu'il semble &tre i de l'oiseau nomm6 musician (ou organist) A cause de son brilliant gosier et de sa facility A moduler plusieurs notes Sde musique avec une exactitude qui charme l'homme, toujours occupy de se retrouver en tout. C'est une des jouissances de ces lieux dlevds. (Moreau de S.-Mdry, tome I, p. 155.) ** [II] Miss Francis Wright, Rcossaise d'origine et maitresse d'une grande fortune, vint a Haiti en 1832, avec une trentaine d'esclaves, pour les y faire jouir des hienfaits de la liberty. Ces esclaves avaient Atd attaches A une plantation de la Louisiane. En les achetant, miss Wright, qui avait pr6chd centre I'esclavage, avait A coeur de prouver aux colons amdricains qu'un rdgime doux et human dtait mieux entendu que leur syst6me violent et cruel, fondU sur la prdtendue mdchancet6 des Africains. Elle avait 4choud dans cette tentative, don't le but avait dtd d'an~liorer le sort des esclaves : sesvoisins s'6taient faith un devoir de contrarier par tous les moyens en leur pouvoir la rdalisation de ses vues g6ndreuses. Ils I'avaient abreuvd d'amertume et de d6goAts; ils avaient excite centre elle ses propres gens. Alors

s'dloignant de cetteterre d'dgoisme, la philanthrope vint, come nousl'avons dit, A laiti avec ses esclaves, afindeles rendre libres Elle les y amena sur un navire affret4 par elle, et charge de provisions pour ces malheureux qu'elle appelait ses enfants. Miss Wright fit une incursion dans 'intdrieur du pays, et le proclama le plus beau qu'elle eit pu, sans excepter la S isse. [III] Il y a dans nos forts un arbre de haIte futaie I ihrement connu sous le nom de bois de fer. Le cceur en est'3i fur qu'il dbrAche les meilleurs outils. On 'emploie comme bois de construction; II est incorruptible, soit qu'on l'enfouisse dans la terre, soit qu'on 1'expose aux injures du temps. [IV] Nous avons essay de traduire ce proverbe crdole: Prest pas fait jour s'ouvri. [V] Espece de gibeciere en paille grossierement tress6e. [VI] Au roi d'Angleterre Charles II, apr6s la bataille de Worcester. [VII] La ville de Tiburon. [VIII] La ville de Ldogane. [IX] Le trait6ede Bale. [X] Don Garcia, gouverneur de la colonne espagnol mettant A leurs bourreaux Og6 et Chavannes et d'autre ugi i demand et obtint comme recompense la croix de Saint-Louis. [Xl] Lafabledu Figuiermaudit est d'invention crdole; si elle n'est pas tout A fart conforme a l'histoire naturelle, elle ne laisse S pas d'etre ingdnieuse, A notre avis. Dans le chapitre qu'elle termine, nous n'avons fait qu'amplifier ce passage de la lettre de Rigaud du 20 avril 1799, ainsi conga : ( Pourquoi faut-il que les ennemis les plus perfides aient aujourd'hui la faculty d'irriter fr res cohtre fr6res, amis contre amis ? Jusques A quand la ddfiance portera-t-elle les uns a soupgonner les autres et A ddtruire l'union et l'accord si ndcessaire a-notre bonheur, etc. ? a [XII] La ville du Petit-Goave. [XIII] Le bourg du Grand-Goave. [XIV] Le g6ndral Maurepas. * [XV] La ville du Port-de-Paix. [XVI] La Ravine-A-Couleuvre. [XVII] Le gdndral H. Christophe. [XVIII] La ville de Gonaives,

NOTES 'EXPLICATIVES 327

[XIX] La ville de Saint-Marc. [XX] La ville du Port-Libertd. ' [XXI] La ville de Jacmell [XXII] Le gdndral Maurepas, le m6me qui s'dtait si vaillamment conduit au Port-de-Paix, A l'arrivde des Frangais. [XXIII L'ile de la Jamaique. XIV] y e de Cuba. [xqr] Le g6ndral Capois. [XXVI] Le gdndral Romain. [XXVII] Les gdndraux Clervaux et Christophe. [XXVIII] Fdrou, ancien chef de bataillon, plus tard gdndral. [XXIX] Pdtion. [XXX] Les villes de Miragoane et de 1'Anse-A-Veau. [XXXI] Le gdndral Geffrard. [XXXII] Le g6ndral Catgt . [XXXIII] Le gdndral Francisque. XXIV] Pendant la guerre entreprise pour la ddlivrance du l. les indigenes avaient l'habitude de s'approcher de la ville Seenvironsde laquelle croissaient d'dnormestouffes Cambous c d'y mettre le feu. Ces arbres, come on le sait, sont creux et divisds par une multitude de noeuds plus ou moins rapprochds ; en se consumant, ils dclatent et produisent une sorte d'explosion semblable a un coup de fusil. Quand la touffe entire est embrasde, on croirait vdritablement entendre un feu 4e file. C'est ainsi que les adversaires des Frangais les tenaient dveillds et en armes pendant des nuits entidres, et alimentaient par la fatigue I'dpiddmie qui les moissonnait. [XXXV] Le morne des Karatas. [XXXVI] La ville de Jdrdmie. [XXXVII] La ville de Saint-Marc. [XXXVIII] La ville du Port-Libertd. XXXIX] La ville de Jacmel. fXL] Le colonel frangais Lux. [XLI] Le gdndral Capois. [XLII] Les gdndraux Clervaux et Vernet. [XLIII] Le gdndral Cangd. .[XLV] Le general Gabart. [XLV] Le poste VerriBres.

--j

[XLVI] Les mots de frbres et de swurs dtaient d'un usage general vers l'dpoque de la proclamation de l'inddpendance A Haiti. Presque tous ceux qui se connaissaient, ou entire lesquels il y avait quelque intimitd, se donnaient mutuellement ces noms. C'dtait une parents que les dv6nements avaient consacree et qui, nonobstant ces appellations qu'on n'ez 4 presque plus aujourd'hui, se perp6tuera. [XLVII] La ville du Ml6e. [XLVIII] Le g6ndral franVais Noailles (Louis-Marie de).

TABLE

DES CIHAPITRES DE CET OUVRAGE.

Marie 1'Africaine ..................... .. .. ..... . 9 Romulus et RBmus................................... 19 La Montagne.................... ................ 24 Reprdsailles .......................... ........... 31 L'Inconnue........................................ 38 Le Colon ...................... . .............. 46 Le Songe, ........................................ 55 L'Attaque .................................... ...... 62 Le Lendemain de la Victoire ...................... 70 Nouvel ennemi................... .. ........... 777 Le Pacificateur...................................... 84 La Grotte................................... ... 91 Liberty g4n6rale ............... ................ ..* 98 Nouveaux combats ... .............. .......... 104 Coalition ................................ ........... 109 Accusation, depart.................. ..... .........* 113 Di bora................... .......................... 120

330 TABLE DES MATIERES Fin de la guorre dtrangere........................ 125 Machiavdlisne coloinial................ ......... ..... 132 Amour et Rivalit .................................. 138 Le Gdnie de la palrie. .............. ... ............ 145 Guerre civil. ................... ................ 153 Guerre civil. Dernier 61,i-oldc.. .............. 158 RIsultats de la guerre ci\il ...................... 1. 6 Expedition franchise ......................... ... 172 Defense de la Crdte-a-Pierrot........................ 481 Gouvernement du captain -gddral .................. 188 Reconciliation ...................................... 196 Relour a la Montagne.............................. 205 Guerre de l'inddpendance.......................... 214 Mort du capitaine-gdndral......................... 223 Rochambeau ....................................... 232 Le Bal ......................... ......................... 241 Les Chiens.... ................. .... ........... 252 Derniers efforts. ................................ 264 Ddpart de l'armde franraise......................... 274 Liberty. Inddpendance..................... ...... 297 Haiti ................... ................. ... .. 309 Notes explicatives ................... ................ 325

lip, du Fort-Carr, 19, Ch.isde-d'Antin, Paris A. Uuroy, II'.;. t3WA-7

B 423

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