Livre 1 — Chapitre IX La Légende d’Ulenspiegel · Capítulo 9 de 182
Obra Menu

Livre 1 — Chapitre IX

Livre 1 — Chapitre IX

Ulenspiegel, étant sevré, grandit comme jeune peuplier.

Claes alors ne le baisa plus fréquemment, mais l'aima d'un air bourru afin de ne

le point affadir.

Quand Ulenspiegel revenait au logis, se plaignant d'avoir été daubé en

Charles de Coster, La légende d'Ulenspiegel

12

quelque rixe, Claes le battait parce qu'il n'avait point battu les autres, & ainsi éduqué,

Ulenspiegel devint vaillant comme un lionceau.

Si Claes était absent, Ulenspiegel demandait à Soetkin un liard pour aller jouer.

Soetkin, se fâchant, disait: ‘Qu'as-tu besoin d'aller jouer? Tu ferais mieux de

demeurer céans à lier des fagots’.

Voyant qu'elle ne donnait rien, Ulenspiegel criait comme un aigle, mais Soetkin

menait grand bruit de chaudrons & d'écuelles qu'elle lavait en un seau de bois, pour

faire mine de ne le point entendre. Ulenspiegel alors pleurait, & la douce mère,

laissant sa feinte dureté, venait à lui, le caressait & disait: ‘As-tu assez d'un denier?’

Or, notez que le denier valait six liards.

Ainsi elle l'aima trop, & lorsque Claes n'était point là, Ulenspiegel fut roi en la

maison.

1/1
Menu

Fazer anotação