Livre 3 — Chapitre I La Légende d’Ulenspiegel · Capítulo 106 de 182
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Livre 3 — Chapitre I

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Il s'en va, le Taiseux, Dieu le mène.

Les deux comtes sont déjà pris; d'Albe promet au Taiseux douceur & pardon s'il

comparaît devant lui.

A cette nouvelle, Ulenspiegeldit à Lamme: - Heuque de m'amie, le duc fait ajourner

à comparaître devant lui, à l'instance de Dubois, procureur général, en trois fois

quatorze jours, le prince d'Orange; Ludwig son frère, d'Hoogstraeten, Van den

Bergh, Culembourg, de Brederode & autres amis du prince, leur promettant bonne

justice & miséricorde. Écoute, Lamme: Un jour, un juif d'Amsterdam ajourna un des

ennemis à descendre dans la rue; l'ajourneur était sur le pavé & l'ajourné à une

fenêtre.

- Descends donc, disait l'ajourneur à l'ajourné, & je te donnerai un tel coup de

poing sur la tête qu'elle entrera dans ta poitrine, & que tu regarderas à travers tes

côtes comme un voleur à travers les grilles de sa prison.

L'ajourné répondit: - Quand tu m'en promettrais cent fois davantage, je ne ne

descendrais pas encore. Ainsi puissent répondre d'Orange & les autres. Et ils le

firent, refusant de comparaître. D'Egmont & de Hoorn ne les imitèrent point. Et la

faiblesse dans le devoir appelle l'heure de Dieu.

Charles de Coster, La légende d'Ulenspiegel

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