Livre 2 — Chapitre XIII
Livre 2 — Chapitre XIII
Là il chercha sa femme dans tous les kaberdoesjen musicos & tavernes. Le soir, il
retrouvait Ulenspiegel, In den zingende Zwaan, au Cigne chantant. Ulenspiegel
allait partout où il pouvait, semant l'alarme & soulevant le peuple contre les bourreaux
de la terre des pères.
Se trouvant au marché du vendredi, près de Dulle-Griet, le Grand-Canon,
Ulenspiegel se coucha à plat ventre sur le pavé.
Un charbonnier vint & lui dit:
- Que fais-tu là?
- Je me mouille le nez pour savoir d'où vient le vent, répondit Ulenspiegel.
Un menuisier vint.
- Prends-tu, dit-il, le pavé pour un matelas?
- Il en est qui le prendront bientôt pour couverture, répondit Ulenspiegel.
Un moine s'arrêta.
- Que fait là ce veau? demanda-t-il.
- Il demande à plat ventre votre bénédiction, mon père, répondit Ulenspiegel.
Le moine, la lui ayant donné, s'en fut.
Charles de Coster, La légende d'Ulenspiegel
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Ulenspiegel alors coucha l'oreille contre terre; un paysan vint.
- Entends-tu du bruit là-dessous? lui dit-il.
- Oui, répondit Ulenspiegel, j'écoute pousser le bois dont les fagots serviront à
brûler les pauvres hérétiques.
- N'entends-tu plus rien? lui dit un sergent de la commune.
- J'entends, dit Ulenspiegel, la gendarmerie qui vient d'Espagne; si tu as quelque
chose à garder, enterre-le, car bientôt les villes ne seront plus sûres à cause des
voleurs.
- Il est fou, dit le sergent de la commune.
- Il est fou, répétèrent les bourgeois.