Livre 3 — Chapitre X La Légende d’Ulenspiegel · Capítulo 114 de 182
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Livre 3 — Chapitre X

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En septembre, quand les cousins cessent de piquer, le Taiseux, avec six pièces de

campagne & quatre gros canons parlant pour lui, & quatorze mille Flamands, Wallons

& Allemands, passa le Rhin à Saint-Vyt.

Sous les enseignes jaunes & rouges du bâton noueux de Bourgogne, bâton qui

longtemps meurtrit nos pays, bâton de commencement de servitude que tenait

d'Albe, le duc de sang, marchaient vingt-six mille cinq cents hommes; roulaient

dix-sept pièces de campagne & neuf gros canons.

Mais le Taiseux ne devait avoir nul bon succès en cette guerre, car d'Albe refusait

sans cesse la bataille.

Et son frère Ludwig, le Bayard de Flandre, après maintes villes gagnées & maints

bateaux rançonnés sur le Rhin, perdit à Jemmingen, au pays de Frise, contre le fils

du duc, seize canons, quinze cents chevaux & vingt enseignes, à cause des lâches

soudards mercenaires, qui demandaient argent quand il fallait bataille.

Et par ruines, sang & larmes, vainement Ulenspiegel cherchait le salut de la terre

des pères.

Et les bourreaux, par les pays, pendaient, détranchaient, brûlaient les pauvres

victimes innocentes.

Et le roi héritait.

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