Livre 1 — Chapitre LXIV La Légende d’Ulenspiegel · Capítulo 64 de 182
Obra Menu

Livre 1 — Chapitre LXIV

Livre 1 — Chapitre LXIV

Ayant quitté le charron & s'en retournant en Flandre, il dut se donner à louage

d'apprenti à un cordonnier qui restait plus volontiers dans la rue qu'à tenir l'alène

en son ouvroir. Ulenspiegel, le voyant pour la centième fois prêt à sortir, lui demanda

comment il lui fallait couper le cuir des empeignes.

- Coupes-en, répondit le baes, pour de grands & de moyens pieds, afin que tout

ce qui mène le gros & le menu bétail puisse y entrer commodément.

- Ainsi sera-t-il, baes, répondit Ulenspiegel.

Quand le cordonnierfut sorti, Ulenspiegelcoupa des empeignesbonnes seulement

à chausser cavales, ânesses, génisses, truies & brebis.

De retour à l'ouvroir, le baes voyant son cuir en morceaux:

- Qu'as-tu fait là, gâcheur vaurien? dit-il.

- Ce que vous m'avez dit, répondit Ulenspiegel.

- Je t'ai commandé, répartit le baes, de me tailler des souliers où puisse

Charles de Coster, La légende d'Ulenspiegel

122

entrer commodément tout ce qui mène les boeufs, les porcs, les moutons, & tu me

fais de la chaussure au pied de ces animaux.

Ulenspiegel répondit:

- Baes, qui donc mène le verrat sinon la truie, l'âne sinon l'ânesse, le taureau

sinon la génisse, le bélier sinon la brebis, en la saison où toutes bêtes sont

amoureuses?

Puis il s'en fut & dut rester dehors.

1/1
Menu

Fazer anotação