Livre 5 — Chapitre I La Légende d’Ulenspiegel · Capítulo 172 de 182
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Livre 5 — Chapitre I

Livre 5 — Chapitre I

Le moine pris par Lamme; s'apercevant que les Gueux ne le voulaient point mort,

mais payant rançon, commença de lever le nez sur le navire:

- Voyez, disait-il, marchant & branlant la tête avec fureur, voyez en quel gouffre

de sales, noires & vilaines abominations je suis tombé en mettant le pied dans cette

cuvelle de bois. Si je n'étais céans, moi que le Seigneur oignit...

- Avec de la graisse de chien? demandaient les Gueux.

- Chiens vous-mêmes, répondait le moine pousuivant son propos, oui chiens

galeux, errants, breneux, à la maigre échine, qui avez fui le gras sentier de notre

mère sainte Église romaine pour entrer dans les chemins secs de votre loqueteuse

église réformée. Oui! si je n'étais ici dans votre sabot, dans votre cuvelle, il y a

longtemps que le Seigneur l'aurait engloutie dans les plus profonds abîmes de la

mer, avec vous, vos armes maudites, vos canons du diable, votre capitaine chanteur,

vos croissants blasphématoires, oui! jusques au sond de l'insondable parfond du

royaume de Satan, où vous ne brûlerez point, non! mais où vous gèlerez, tremblerez,

mourrez de froid pendant la toute longue éternité. Oui! le Dieu du ciel éteindra ainsi

le feu de votre haine impie contre notre douce mère sainte Église romaine, contre

messieurs les Saints, messeigneurs les évêques & les benoîts placards qui furent

si doucement & mûrement pensés. Oui! & je vous verrais du haut du paradis, violets

comme des betteraves ou blancs comme des navets tant vous auriez froid. 'T sy!

't sy! 't sy! Ainsi soit, soit, soit, soit-il.

Charles de Coster, La légende d'Ulenspiegel

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Les matelots, soudards & mousses se gaussaient de lui, & lui lançaient des pois

secs, au moyen de sarbacanes. Et il se couvrait des mains le visage contre cette

artillerie.

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